Permission de se reposer
16.2.15![]() |
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Je suis presque sure que je suis née en sachant naturellement à quel moment lâcher prise et m’arrêter.
Mais ma mère et les femmes autour de moi m’ont, malgré elles, montré une image de femmes avec un agenda bien rempli, ne s’offrant que rarement des occasions de se détendre.
Même si aujourd’hui, je surprends de plus en plus souvent mes parents, se poser pour lire, ou faire une sieste les dimanches après-midi (et oui ils n’ont plus 20 ni 30 ans lol)
Enfant et adolescente, on ne m’a cependant pas vraiment appris les vertus du repos, car il y avait toujours quelque chose à faire.
Et je pense avec le recul avoir été grandement influencé par ma mère, qui me disait il n’y a pas si longtemps, ne pas arriver à faire la sieste. Culpabilisant d’avoir perdu du temps.
Depuis des années, je m’agite dans tous les sens, me comparant à ces femmes, héroïnes de pubs qui gère boulot, enfants, mari, tâches ménagères et qui on encore le temps d’aller au yoga. En demandant, mais comment y arrivent-elles et pas moi alors que je n’ai que moi à gérer… Arrgh !
Et il se passe une chose très frustrante. Plus j’en fais et plus j’ai l’impression que je n’en fais pas assez. C’est comme remplir un puits sans fond.
Mais lorsque je décide de me poser un moment, soit je n’y arrive tout simplement pas, car mon être tout entier qui est appelé à ranger ceci, ou à m’occuper de cela.
Ou bien, je me relaxe, mais en culpabilisant pour toutes les choses que je devrais faire.
Weekend dernier, je me suis allongée sur le canapé, en me disant que je me reposerai qu’une dizaine de minutes.
Je me suis réveillée une heure plus tard.
Mon corps (et mon esprit d’ailleurs) devait avoir férocement envie de cette sieste car quelques minutes après mon réveil, mais toujours allongée sous mon plaid, les paupières encore lourdes, je ne ressentais aucune culpabilité. Juste du bien être.
Et je me suis demandé pourquoi je ne m’autorisais pas à faire ça plus souvent.
Malheureusement, aussitôt levée, les yeux bien ouverts, la réponse à cette question était plus qu’évidente.
« Je n’ai rien fais ! » est la première pensée qui m’est venue en observant mon appartement.
Et c’est donc ça le problème
Nous n’accordons pas autant de valeur au repos qu’à l’action. Si ce qui est assez bizarre finalement, puisque se reposer est également une action en soi. Cherchez l’erreur.
Donc stop !
Vous n’êtes pas une machine.
D’ailleurs, même les machines ne fonctionnent pas 24h/24.
Nous avons tendance à oublier, que nous avons besoin de repos, de détente, en dehors du sommeil réparateur chaque nuit.
Les femmes, plus encore, sont habituées à tout gérer en même temps, qui ont été conditionnées (consciemment ou inconsciemment) pour cela. Elles ont donc tendance à en faire trop.
Vous savez pourtant, qu’à un moment donné vous avez besoin de repos. De faire une sieste, de faire une pause.
Mais vous ne le faites pas, à moins peut être, d’aller dans un endroit qui s’y prête comme une thalasso ou un spa. Un endroit, où, porter une robe de chambre et des chaussons toute la journée n’est pas mal vu, puisque c’est le but.
Mais dans la « vraie » vie, trainer dans son lit est très mal perçu, à moins d’avoir 70 ans et d’être à la retraite. Mais notre société ne reconnait aucune valeur, à la détente.
Voila pourquoi il est si difficile pour vous de vous poser, de vous relaxer, à moins d’être dans un lieu ou dans un état qui vous oblige à le faire. Comme les vacances (et encore), aller dans un spa/hammam/sauna, choisissez ce que vous voulez, ou encore lorsque vous êtes malade et que vous n’avez pas d’autres choix que de rester allonger.
Mais d’une manière générale, vous considérez cela comme ne rien faire.
C’est pourtant faux.
Se reposer, c’est en réalité faire quelque chose. Quoi ?
Et bien se reposer, non !
Je vous invite à être plus doux, mais aussi à avoir plus de compassion envers vous-même. Comme je l’ai dit plus haut vous n’êtes pas une machine
Et il est également important de rappeler que la vie est un flux.
S’il est important de donner (de soi), c'est-à-dire de travailler, produire, créer, réaliser ses projets, on ne peut vraiment donner que si l’on sait également recevoir.
Et recevoir, passe par un état d’esprit forcément plus passif. Qui permet d’être réceptif spirituellement, mais également d’un point de vue matériel.
Profiter de tout ce qu’on a accompli jusqu'à présent en fait partie.
Voici quelques astuces qui vous aideront à vous permettre de vous reposer à chaque fois que vous vous sentez coupable de ne rien faire.
Se reposer c’est faire quelque chose
C’est vraiment quelque chose que vous devez retenir. Répétez-le-vous comme un mantra si vous le souhaitez.
Mais lorsque vous vous relaxez, vous n’êtes pas en train de perdre du temps.
Non vous êtes bien en train de faire quelque chose. C'est-à-dire prendre du temps pour vous, recharger vos batteries, vous accordez le repos, le break nécessaire à votre corps et votre esprit pour pouvoir fonctionner.
Programmer un moment dans la journée rien que pour vous
Intégrez-ce moment essentiel à votre emploi du temps. Et faites-en un rendez-vous obligatoire, comme vous le faites avec le repas du soir, le brossage des dents ou encore votre série TV du jeudi soir.
Et si ca ne marche toujours pas !
Demandez-vous alors ce que vous pouvez faire maintenant (une tâche, un projet, …) qui, une fois terminée, vous permettrait de souffler juste après, sans vous sentir coupable.
Mais choisissez en UNE. Une seule
Il est important de rappeler que le conflit intérieur qui existe entre notre désir de nous détendre et notre course à l’accomplissement (et la réussite) est un conditionnement de notre société actuelle.
Je ne vous assénerais pas, toutes les valeurs inatteignables que cette dernière véhicule (de la celibattante à la femme/mère/amante/épouse modèle en passant par du père de famille marié 2 enfants, chien, proprio
Ça vous le savez déjà !
Ce qui est malheureux, c’est que ces valeurs ne s’intéressent qu’à la notion de faire et aucunement à celle d’être.
Comme si être. Etre là. Etre soi, sans rajouter des couches de : « je fais ceci, j’ai cela, j’ai un master en…, je travaille là, j’ai voyagé là, et je m’occupe de.. . », n’était pas suffisant.
Avez-vous remarqué que la première chose que l’on vous demande lorsque vous faites une rencontre, est : « que faites-vous dans la vie ? »
Et pourquoi, ne commencerait-on pas, par, « Qui êtes-vous dans la vie ? »
Est-ce que savoir dans quelle entreprise vous travaillez, quel est votre position dans la hiérarchie, est vraiment plus important, que la musique que vous appréciez, les qualités que vous possédez, ou les choses qui comptent pour vous ?
Je ne veux pas dire par là que ce n’est pas important. Bien sur que non.
Mais nous ne somme pas que ça.
Et bien dans le même ordre d’idées, se donner l’autorisation de s’asseoir, de faire une sieste, de s’arrêter, c’est aussi en un sens, dire : hé, je suis très bien comme ca !
Je n’ai pas besoin de m’agiter dans tous les sens ou de travailler comme un acharné pour (me) prouver que je vaux quelque chose.
Donc rappelez- vous que vous avez besoin, non seulement de vous accorder une pause, mais d’accepter que vous êtes ASSEZ juste en étant qui vous êtes. Juste en étant dans l’être et que vous n’avez pas tout le temps besoin de faire (quelque chose) pour vous rassurer sur votre valeur.
Alors allez-y ! Prenez du temps pour vous.








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