Ce que j’ai appris sur le besoin d’alcool pour faire taire son cerveau
9.3.15Je n’ai jamais été une grande consommatrice d’alcool.
Même si ma famille n’a jamais manqué une occasion d’arroser comme il se doit un événement, je ne suis jamais tombée dans l’excès.
Ma consommation reste basique, du champagne aux grandes occasions, un verre de vin à table et encore, et un à deux cocktails en soirées. Mais comme les soirées ne sont pas si fréquentes que ça, les verres ne sont jamais très nombreux.
Il faut dire que je suis un zèbre, alors je n’ai pas des tonnes d’amis.
Je suis un zèbre et des milliers de pensées m’envahissent le jour, surtout la nuit.
Toutes ne me gênent pas.
Lorsque je suis sur un projet et que mon cerveau bouillonne, c’est extatique.
Il alimente les différentes branches de ma pensée en arborescence et tout se connecte. Tout est évident.
Je suis alors dans la création la plus totale. Et même si toutes mes idées ne sont pas toujours structurées ce n’est pas grave car je suis dans un moment d’euphorie.
Mais les autres pensées sont épuisantes.
Ce sont celles qui réexaminent une journée de boulot à la loupe, celles qui charrient des questionnements infinis, philosophiques, quantiques, sociologiques, celles qui ressassent des tristesses opaques, des douleurs sourdes, des détresses invisibles que personne ne peut comprendre.
Ou ne voudrait entendre.
Alors voilà avec quoi, il faut avancer chaque jour. Et voilà tout ce qu’il faudrait évacuer la nuit. Une sorte de bourdonnement sans fin les bons jours. Un tourbillon de pensées à se cogner la tête contre un mur, les mauvais jours.
J’ai vécu pendant des années avec un homme qui pouvait s’endormir en 30 secondes montre en main, tandis que je ne trouvais le sommeil qu’aux environs des 2h du matin.
Au bord de l’épuisement, ayant enfin réussi à anéantir cette agitation cérébrale infernale par une quelconque activité.
- Ecrire était la parade principale au phénomène « impossible-de-trouver-le-bouton-stop-de-ce-foutu-cerveau », puis je constatais qu’elle ne faisait que prolonger le flot incessant des pensées. Mais à l’écrit.
- Lire bien sur. Mais comment s’empêcher de rebondir d’une idée à une autre à chaque paragraphe ?
- Regarder des dvd en boucles a été et est toujours, une solution plutôt efficace. Activité passive, elle agit comme une sorte de calmant sur moi. Mais me maintient éveillée tard la nuit.
Et puis un jour, le déclic.
Est-ce une soirée particulièrement arrosée lors des dernières vacances, ou l’odeur enivrante et révélatrice d’un mojito bien frappé la veille je ne sais pas.
Mais la solution était là. Qu’est-ce qui en un court laps de temps et de manière radicale, pourrait me rendre aussi légère qu’une bulle de champagne, aussi mousseuse qu’une bière blonde, aussi cool que n’importe quel clubber en boite… et qui en prime annihilerai toutes mes pensées : l’alcool.
Les années 2012/2013 et la rencontre de beaucoup de nouvelles personnes m’avaient un peu remis dans le bain, si je peux dire. Et l’envie de vivre plus souvent cette douce euphorie, m’ont conduite à acheter de la bière, chose que je faisais seulement de temps en temps. Bière vite remplacée par des bouteilles de vin.
Et j’ai commencé à faire ce que je trouvais si pathétique : je me suis mise à boire toute seule.
Pas seulement le verre au cours du repas, mais les autres qui suivaient, juste pour me sentir un peu floue.
Pas seulement le verre au cours du repas, mais les autres qui suivaient, juste pour me sentir un peu floue.
Très vite, on trouve le parfait dosage entre être pompette et avoir le vin mauvais. Juste assez pour se sentir flotter et pourquoi pas, s’endormir comme un bébé.
Puis j'ai trouvé que ça serait cool, de prendre une petite lichette de remontant, juste avant d’aller travailler. Histoire de me donner du cœur à l’ouvrage et d’être un peu moins coincée. Enfin, un peu plus comme tout le monde.
Qui sait, peut être que ce mec, qui me regarde tout le temps, sans me parler me trouverait plus avenante. Non ?
Je l’ai fais, une fois. Ou peut être deux. Mais le plus souvent je n’y pensais pas le matin.
La bouteille était plus utile le soir, après le travail, quand on se retrouve seule. Face à ses pensées.
Par chance, j’arrive toujours à me ressaisir et je ne suis pas d’un naturel dépendant, sauf à une chose (mais c’est une autre histoire).
Je me suis toujours dis que tant que j’aurais envie d’alcool sans en avoir besoin, je contrôlerai les choses.
Et je crois que ma tendance cyclothymique y est pour quelque chose, car en phase d’hypomanie, je suis naturellement « high ».
Peut être suis-je trop versatile pour être vraiment addict.
Plusieurs réveils nauséeux, une nuit passée sur le parquet de mon appart et le ridicule de la situation, m’ont calmé même si ça reste une tentation.
Une facilité.
Je ne veux pas faire la morale, je ne fais pas de prévention, quoique ! Néanmoins je me suis fait un peu peur et l’alcool restera toujours, dans ma tête une alternative possible à mes problèmes (et mes pensées).
Ce qui n’est pas le cas pour une personne qui a un rapport sain avec l’alcool, ou pas de rapport du tout. Une addiction se met en place tellement vite.
Mais le fait d’accepter, mon cerveau et mes pensées en elles-mêmes, noires, sombres, sans les juger est absolument essentielle.
Juste de prendre du recul, de s’en dissocier.
Abandonner mon saboteur intérieur, véritable dictateur, qui m’a rabâché tant d’années combien j’étais nulle et inutile.
Il est important de comprendre que nous ne sommes pas nos pensées. Et si elles partent dans tous les sens et racontent parfois n’importe quoi, nous pouvons nous, dans notre être, notre corps, être calme.
Nous sommes des personnes, qui à cause de cette spécificité neurologique, sont trop souvent dans le mental. Et plus nous stressons, plus nous intériorisons, négligeant ce que notre corps a à nous dire.
Pourtant, un des moyens les plus surs pour se décentrer du flot de ses pensées, est de se recentrer…sur son corps. Et ça commence par la respiration.
Se focaliser sur sa respiration, amène à vivre totalement dans le moment présent.
Mais il y a des tas de façon d’être dans le moment présent. Beaucoup d’alternatives, saines peuvent nous aider, à gérer cette pensée en arborescence, que ce soit pour la prévenir comme le sport, le sommeil (sieste) ou pour la calmer tel que la relaxation, la méditation…
A chacun de trouver sa méthode pour calmer son esprit.
Par moment, le puzzle le soir me réussit assez bien. Ca m’empêche vraiment de partir dans tous les sens et me recentre. Bon ce n’est pas très sexy mais ça m’apaise.
Si la lecture réussit à calmer votre pensée en arborescence, je vous conseille :
Je pense trop, de Christel Petitcollin chez Guy Tredaniel Editeur
N'hésitez pas à me raconter ce qui vous apaise, ce qui calme votre cerveau surtout dans les moments de stress. Bref venez partagez vos petites astuces.







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